Thursday, September 23, 2021

Les manuscrits de Tombouctou

Le 21 septembre, l’Université Privée Africaine Franco-Arabe (UPAFA) m’a invité à une exposition sur les manuscrits de Tombouctou au Musée National du Mali. C’était une occasion pour moi de découvrir l’histoire de ces manuscrits. Beaucoup de manuscrits ont été écrits en arabe, mais aussi en langues locales (peul, songhoi, etc) avec des caractères arabes.

Ces manuscrits sont de plusieurs catégories : arithmétique, médecine, astronomie,  textes juridiques, cultes, cultures, traditions, langues, littératures, etc.

Cette exposition organisée par l’ONG SAVAMA-DCI (Sauvegarde et Valorisation des Manuscrits pour la Défense de la Culture Islamique), en partenariat avec l'UNESCO (Bureau de Bamako), devrait continuer jusqu’au 30 septembre au Musée Nationale et du 27 octobre au 10 novembre au Mémorial Modibo Keita. Si vous vous intéressez à l’histoire du Mali ou à la culture islamique, n’hésitez pas à y faire un tour.

Les manuscrits exposés sont au nombre de 15. Par ailleurs, l’ONG SAVAMA-DCI a transformé 12 manuscrits en livres, les a traduit et commenté. Ils sont accessibles en français et en arabe. Pour avoir accès à ces manuscrits même après l’exposition, il faut s’adresser à l’Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba ou à l’ONG SAVAMA DCI qui a ses bureaux à Baco Djicoroni. Comme nous l’a expliqué Dr. Banzoumana Traore de l’ONG SAVAMA DCI, il suffit de présenter une lettre qui certifie qu’on est affilié à une université pour avoir accès à ces manuscrits pour des fins de recherche.  

Dr. Lassana Dramé, responsable administratif de l’UPAFA, nous explique pourquoi ces manuscrits intéressent son université : « Dans ce musée, nous voyons des manuscrits dont certains ont près de mille ans dans tous les domaines. Aujourd’hui, nous sommes là pour guider nos enseignants et nos étudiants pour qu’ils s’intéressent à ces manuscrits… Ces manuscrits sont écrits au moment où l’Afrique était développée. On avait la charte de Kurukan Fugan, on était les plus riches…   Si nous voulons retrouver cette gloire de l’époque, nous devons étudier ces manuscrits. »

Reflet du miroir sur les mérites du savoir

Parmi les manuscrits exposés se trouvent certains des livres du célèbre savant de Tombouctou, Ahmed Baba (1556-1627) qui est sans aucun doute l’un des meilleurs philosophes et théologiens de son époque.



Après l’exposition, les organisateurs posaient des questions aux participants, et ceux qui donnaient la bonne réponse recevaient cadeau d’un livre. J’ai donc eu la chance d’avoir le livre Reflet du miroir sur les mérites du savoir (1627) de Ahmed Baba, traduit par Dr. Banzoumana Traore. Je l’ai lu et j’ai beaucoup aimé. En se basant sur les écrits des théologiens arabes de l’époque, ce livre explique qu’il n’y a pas d’activité plus noble que la recherche du savoir. C’est vrai que le savoir dont il parle est le savoir religieux, mais je pense que ce qu’il écrit est valable pour d'autres domaines de savoir. Même si ce livre date du 17e siècle, il est plus actuel que jamais, du moment où on est dans le ‘knowledge society’.

Voilà par exemple un passage qui intéresserait tous ceux qui font la recherche. Ahmed Baba explique que les travaux intellectuels « sont classés en sept catégories :

1-    Soit il innove en apportant ce que personne n’a jamais fait ;

2-    Ou il achève une œuvre incomplète ;

3-    Ou il explique une œuvre ambiguë ;

4-    Ou il contracte une œuvre longue, sans pour autant affecter ses sens ;

5-    Ou il rassemble une œuvre éparpillée ;

6-    Ou il range une œuvre désorganisée ;

7-    Ou il corrige les erreurs d’une œuvre. Fin.»

Je remercie Dr. Lassana Dramé de l’Université Privée Africaine Franco-Arabe qui a bien voulu me faire découvrir cette exposition avec les étudiants et les enseignants de cette université.

























Saturday, May 29, 2021

Le Mali, les coups d’Etat et les poupées russes

 

Les coups d’Etat au Mali, c’est comme les poupées russes. « Quand y en a plus et ben y en a encore », chante Stromae. Comme dans les poupées russes, il y a encore un coup d’Etat à venir, même quand le premier n’est pas encore achevé.

Les coups d’Etat sont l’un des symptômes les plus criants de l’instabilité politique du Mali. Seul Alpha Oumar Konaré a échappé à cette « malédiction ». On aurait pu penser que le premier coup d’Etat de 1968 était plus ou moins compréhensible, que le Mali nouvellement indépendant et ses institutions étaient encore fragiles et instables. On aurait pu espérer que celui de 1991 contre le Général Moussa Traore serait le dernier puisque le Mali embrassait du même coup la démocratie libérale et l’Etat de droit. On aurait pu espérer que plus le Mali « avancerait », moins il y aurait des coups d’Etat. Malheureusement, plus de 60 ans après l’indépendance, un homme peut toujours faire deux coups d’Etat en neuf mois. C’est un signe que les institutions maliennes sont plus faibles que jamais et que le Mali est à la merci du plus fort.

    Deux familles de poupées russes sur un stand au marché de noël de Colmar, Alsace, France

English: Two families of Matryoshka doll on a stand at Christmas market Colmar, Alsace, France 
Source: Wikimedia commons: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Poup%C3%A9es_russes.JPG 


Aujourd’hui, l’homme fort du Mali est Assimi Goïta. Le 28 Mai 2021, la Cour constitutionnelle a officialisé ce statut en le nommant « Président de la Transition, chef de l’Etat ». Cette victoire d’Assimi Goïta sonne en même temps comme l’échec de la CEDEAO, qui a entre autres missions d’empêcher de prendre le pouvoir par la force dans ses pays membres.

Le problème avec les hommes forts, c’est qu’ils n’ont en face d’eux aucun pouvoir pour arrêter leur pouvoir. Car, comme le disait le grand Montesquieu, « pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. » Pour le moment en tous cas, toutes les institutions, du Conseil National de Transition à la Cour constitutionnelle, conspirent pour faire des désirs de l’homme fort une réalité.

Mais la question qui se pose maintenant est la suivante : combien Assimi Goïta est-il fort ? Est-il suffisamment fort pour rétablir la sécurité sur tout le territoire du Mali ? Depuis le début de la transition, il a toujours clamé haut et fort son expertise dans les questions de défense et de sécurité. C’est donc sur ce terrain qu’on l’attend le plus.

Mais aussi, il y a une autre question qu’on ne peut cesser de se poser vu l’évolution de la situation : Assimi Goïta est-il suffisamment fort pour éviter un coup d’Etat contre lui-même ? Vu la facilité avec laquelle la Cour constitutionnelle a ‘béni’ sa prise du pouvoir sans aucune objection, d’autres aussi comprendront que ce n’est pas aussi difficile que ça d’être président au Mali, à condition d’avoir suffisamment de militaires derrière soi. Ils ne tarderont pas à aiguiser leur appétit et leurs baïonnettes pour prendre sa place. 

Mais aussi, il y a une autre question qu’on ne peut cesser de se poser vu l’évolution de la situation : Assimi Goïta est-il suffisamment fort pour éviter un coup d’Etat contre lui-même ? Vu la facilité avec laquelle la Cour constitutionnelle a ‘béni’ sa prise du pouvoir sans aucune objection, d’autres aussi comprendront que ce n’est pas aussi difficile que ça d’être président au Mali, à condition d’avoir suffisamment de militaires derrière soi. Ils ne tarderont pas à aiguiser leur appétit et leurs baïonnettes pour prendre sa place. 


Saturday, May 8, 2021

Le Mali, N’Golo Kanté et les 9 bébés

 

Quel est le rapport entre le joueur vedette de Chelsea FC et les neuf bébés de dame Halima Cissé ? Les deux évènements rendent les Maliens fiers, et ce n’est pas rien. Au moment où beaucoup sont révoltés par la ‘colonelisation’ de leur pays, ils ont besoin de nouvelles positives, qui deviennent de plus en plus rares, pour leur remonter le moral.

Le 4 mai, le ministère de la santé et du développement social du Mali a annoncé que madame Halima Cissé avait accouché de 9 bébés dans un hôpital du Maroc. Tous les Maliens ont salué une bonne nouvelle et une bénédiction, et l’information a fait la une des medias nationaux et internationaux. 


Neufs bébés dans un seul ventre ? Tous en bonne santé ? Comment est-ce possible ? Moi-même depuis que j’ai entendu ça, je continue à croire qu’il s’agit d’un miracle. Je me suis senti une affinitee avec cette famille car ma mère a aussi mis au monde neuf enfants, dont six garçons et trois filles. La différence, c’est que maman ne nous a pas enfanté en une seule fois. 

Ayant donc grandi dans une famille nombreuse, je sais combien c’est difficile d’élever neuf enfants, même quand ils ne sont pas nés en même temps. Maintenant, tout en étant heureux pour la famille de Kader Arby et de Halima Cissé qui a eu le privilège d’accueillir ce miracle, j’ai aussi de la peine pour cette famille. Comment elle va faire pour élever neufs bébés ?

Le gouvernement malien a très bien fait d’aider Halima Cissé en prenant en charge ses soins au Maroc. Mais comme disait quelqu’un, c’est maintenant que les bébés sont nés que le plus dur va commencer. Mettre au monde neuf enfants en même temps, ce n’est plus l’affaire d’une seule famille, mais celle de tout un pays. Le gouvernement devrait continuer à soutenir cette famille en lui donnant des allocations régulières pour prendre en charge les nouveaux nés, au moins jusqu’à leur maturité, à 18 ans.  

Concernant N’Golo Kanté, je ne peux pas dire grand-chose sur lui étant donné que je ne suis pas un fan du foot. Mais je sais que ses performances hors du commun font rêver beaucoup de jeunes Maliens. En regardant N’Golo trôner au sommet du football européen, les jeunes Maliens doivent se dire, « Nous aussi, nous pouvons ». N’Golo est la preuve, si besoin il y a, qu’être Malien n’est pas une malédiction, que la gloire du Mali et des Maliens ne s’est pas arrêté au 13e siècle, qu’elle est toujours possible au présent et dans l’avenir.



Friday, April 30, 2021

N’ayons pas peur du vaccin

 

Le 16 avril 2021, j’ai reçu à l’Hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg » à Bamako la première dose du vaccin Covishield (AstraZeneca) fabriqué par le Serum Institute of India. Le lendemain, j’ai eu une fatigue, mais rien de grave. J’attends impatiemment la deuxième dose après un mois.

 Pour y aller, j’ai dû vaincre ma peur, vu ce qui se disait sur le vaccin AstraZeneca, qui serait responsable de certains cas de thromboses. En plus, beaucoup de mes amis à qui j’avais fait part de ma volonté de me faire vacciner m’en avaient découragé. Ils me disaient que tous ces vaccins sont expérimentaux, qu’ils sont dangereux, qu’on n’est pas sûr de leur efficacité, qu’il ne faut pas accepter de servir de cobaye, etc. Certains me disaient même que se faire vacciner était synonyme de suicide.



Malgré ce discours sceptique, j’ai considéré que les avantages d’être vacciné étaient largement supérieurs aux risques. Le rapport de l’OMS dit que seulement quatre personnes sur un million (1 cas sur 250 000) sont susceptibles d’avoir des thromboses suite au vaccin AstraZeneca. C’est vrai que je pourrais être parmi ces malheureuses quatre personnes, mais si ça arrive, ce serait juste de la malchance. Au contraire, je considère que les risques de mourir écrasé par une moto ou une voiture en traversant la rue à Bamako sont beaucoup plus grandes que celles de mourir suite aux effets d’un vaccin contre la COVID-19. Est-ce que ça va m’empêcher de traverser la rue pour acheter le pain chez le boulanger de mon quartier juste parce que je sais que c’est risqué ? Non.

A part ce risque très minime, « le vaccin AstraZeneca est efficace et sans danger pour protéger les gens contre les risques extrêmement graves liés à la COVID-19, y compris le décès, l’hospitalisation et les formes graves de la maladie », lit-on sur le site de l’OMS. Je préfère donc me faire vacciner, saisir l’opportunité de me protéger contre la COVID-19 et ses variants, plutôt que d’être paralysé par la peur d’attraper cette maladie et d’en mourir à n’importe quel moment. Surtout que les  jeunes sont de plus en plus victimes de cette pandémie, notamment du variant brésilien. 

L’autre raison qui m’a poussé à vaincre la peur et me faire vacciner est que beaucoup de dirigeants du monde se sont fait vacciner. Le pape François, qui est l’autorité que je respecte le plus au monde, est vacciné. La reine Elizabeth est vaccinée. Le président du pays le plus puissant du monde, Joe Biden, est vacciné. Vladimir Poutine est vacciné. Le président de l’Inde est vacciné. En Afrique, les présidents du Ghana, de l’Afrique du Sud, du Sénégal, du Maroc, se sont fait vacciner. Est-ce que tous ces dirigeants auraient accepté de prendre ce vaccin s’ils n’étaient pas convaincus qu’il était salutaire ? Est-ce qu’ils auraient accepté un vaccin dangereux pour eux-mêmes et pour leurs peuples? Est-ce qu’ils sont stupides ? Je pense que non.



Je ne suis pas médecin, mais je pense que bon sens devrait pousser tous ceux qui en ont  l'occasion a se faire vacciner et se protéger autant que possible contre la pandémie de COVID-19. 

Tuesday, April 20, 2021

Faut-il s’inquiéter pour la sécurité au Sahel ?

 

Depuis l’annonce de la mort du président tchadien Idriss Deby, je vois beaucoup de commentateurs sur les réseaux sociaux qui s’inquiéter pour la sécurité du Sahel. Le Tchad de Deby est réputé ses soldats courageux, et le Marechal président est considéré comme le meilleur combattant contre le terrorisme dans la région, d’où son beau surnom de ‘gendarme du Sahel’. Les plus pessimistes comparent même la mort de Deby avec celle de Kadhafi, dont l’effondrement en 2012 a occasionné une instabilité généralisée dans la région sahélienne. Ceux qui font cette comparaison considèrent donc que la mort de Deby va occasionner beaucoup plus d’insécurité dans cette région.

Ceux qui s’inquiètent ont peut-être raison, mais il convient de faire une petite distinction entre la mort de Kadhafi et celle de Deby. Kadhafi s’est effondré avec tout son régime, attaqué par les bombes de l’OTAN, ce qui a poussé la Libye à sombrer dans l’anarchie. Idriss Deby est mort suite aux blessures de guerre certes, mais son régime est toujours là, étant donné que c’est son fils Mahamat qui va assumer la transition. Donc rien ne va changer tout de suite. On se dirige plutôt dans le scenario du Togo ou du Gabon, ou des présidents morts après un long règne se sont vu succéder par leurs fils. Dans ces deux pays, l’insécurité ne s’est pas généralisée avec la mort des patriarches.


Idriss Deby à la Maison Blanche en 2014. Source: Maison Blanche

Le plus grand danger qui guette le Tchad, c’est que le fils qui prend la place de son père, et qui est déjà accusé d’avoir fait un coup d’Etat pourrait être tenté d’instaurer une dictature pour détruire les concurrents et les opposants, afin de tenter de s’imposer comme le nouvel homme fort du pays. Ce scenario risquerait de créer beaucoup plus de mécontents du régime, de renforcer les rebellions ou les velléités de coup d’Etat.  

L’autre potentiel danger est que le pays s’enlise dans une crise de succession. Après un si long règne d’Idriss Deby Itno (30 ans), beaucoup de gens sont fatigués d’être dirigés par la même famille, et il y en a beaucoup qui n’accepteront pas facilement qu’un fils succède à son père. Cette contestation peut venir aussi bien du même parti de Deby, de ses anciens collaborateurs qui y verront l’opportunité de se faire une place au soleil, ou de l’opposition.

La réponse à ma question est donc oui. Il y a un risque que le Tchad sombre dans l’insécurité après la mort du Marechal si les nouvelles autorités s’avèrent incapables de préserver l’intégrité nationale. Mais c’est aussi une opportunité pour les nouvelles autorités du pays pour qu’ils fassent mieux que ce qu’a fait Idriss Deby. Je ne suis pas spécialiste du Tchad et je ne suis jamais allé dans ce pays, mais la seule lecture de l’indice du développement humain 2020 de ce pays montre qu’il est en mauvaise, très mauvaise posture en terme de développement : « La valeur de l’IDH du Tchad pour 2019 s’établit à 0.398 – ce qui place le pays dans la catégorie « développement humain faible » et au 187e rang parmi 189 pays et territoires ». Les nouvelles autorités ont donc le devoir de développer le Tchad, ce que visiblement Deby n’a pas réussi à faire.

Saturday, March 20, 2021

Colloque doctoral francophone

 

Les 18 et 19 mars 2021, j’ai participé au tout premier Colloque doctoral francophone organisé au Centre de civilisation française et d'études francophones de l’Université de Varsovie  dans le cadre de l’alliance 4EU+, qui a pour objectif de « redynamiser le paysage de l'enseignement supérieur européen » . Ce colloque en ligne était intitulé : « Les sciences humaines et sociales à l’heure du numérique : qui est le peuple ».

J’ai présenté dans ce colloque une communication intitulée : « Les usages des blogs au Mali ». Il s’agissait de partager des résultats préliminaires de ma recherche doctorale sur les medias numériques en sciences de la communication.

Ce colloque était un évènement historique pour moi, puisque c’était la première fois que je participais à un colloque scientifique international. J’espère que ce ne sera pas la dernière fois.

J’étais donc ravi d’échanger les points de vue et les connaissances avec des doctorants et des professeurs de certaines des meilleures universités européennes, comme l’Université de Varsovie, l’Université Paris Sorbonne, l’Université de Limoges, l’université de Corse, Sciences Po Paris, l’EHESS,  l’Université Charles de Prague, l’Université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, l’Université de Copenhague. 



Les universités africaines étaient représentées par votre serviteur pour l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest, et Mohammed Taha Nid de l’Université Mohamed Khider-Biskra en Algérie.

J’ai beaucoup appris des présentations des doctorants et des interventions des professeurs. J’ai particulièrement apprécié l’atelier de recherche animé par Dr. Jérôme Heurtaux, directeur du Centre français de recherche en sciences sociales (CEFRES) à Prague, qui a prodigué aux doctorants des conseils et critiques constructives qui nous permettrons sans aucun doute de devenir de meilleurs chercheurs.

Je remercie chaleureusement les organisateurs qui ont bien voulu accepter que je participe à cet évènement qui est pour moi l’incarnation de la francophonie universitaire. Je remercie plus spécialement Dr. Alicja Jaworska de l’Université de Varsovie, qui n’a ménagé aucun effort pour que ce colloque soit un succès.

Cette activité devrait aussi inspirer les universités africaines. Si les universités européennes se mettent ensemble pour promouvoir la recherche, pourquoi les universités africaines ne feraient pas pareil ? Pourquoi les universités maliennes ne le font pas ? Ne dit-on pas que l’union fait la force ?

Friday, December 25, 2020

Profession doctorant

 

Je suis ravi d’annoncer à mes amis que, à compter de cette année académique 2020-2021, je suis doctorant en sciences de l’information et de la communication à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest – Unité Universitaire de Bamako. C’est un honneur de faire partie de cette Université, qui a l’un des meilleurs programmes en Journalisme et Communication au Mali.

Alors, certains se demandent, qu’est-ce qu’un doctorant ?  Comme le dit le professeur de l’Université Havard Gary King, un doctorant est quelqu’un qui apprend le métier d’enseignant-chercheur professionnel («professional academic »). Le doctorant doit donc écrire une thèse de doctorat, un grand livre qui présente le résultat de ses recherches, normalement entre 250 et 500 pages. Aussitôt que sa thèse est validée par un jury scientifique, le doctorant reçoit le titre tant convoité de docteur.


Un programme de doctorat dure généralement 3 ans, même si certains doctorants peuvent passer 5, 7 ou même 10 ans avant de défendre leur thèse. D’ailleurs, d’après les recherches, 50% des doctorants ne terminent jamais leur cursus doctoral. J’espère quand même que je ferai partie des autres 50% qui terminent. Le doctorat est donc un projet ardu et de longue haleine, qui nécessite une grande discipline et une grande assiduité au travail. Ce n’est pas facile, surtout quand à côté du travail doctoral on doit « chercher l’argent » pour nourrir sa famille…

Mon programme de recherches doctorales consiste à analyser les nouveaux medias (blogs, microblogs, réseaux sociaux) et leur impact sur la société en Afrique de l’Ouest.  Souhaitez-moi bonne chance !

La liberté de pratiquer sa religion est-elle menacée au Mali ?

  L’hebdomadaire chrétien Missions rapporte ceci: «  Depuis un certain temps, le village de Douna est menacé par les djihadistes. Le 0...